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MANDYN Jan
Les Epreuves de Job

Flandre
16e siècle (milieu)
Vers 1540-1550

Huile sur bois
Hauteur en cm. 67 Largeur en cm. 141
Inscription : Appartenait avant la Révolution au couvent des Trinitaires de Douai (selon une note du catalogue du musée de 1869) ; sans doute saisi à la Révolution et placé dans le dépôt constitutif du musée ; ne figure ni dans les inventaires des saisies révolutionnaires ni dans le catalogue du musée de 1807 ; inclus dans la vente des collections en décembre 1818, bien que ne figurant pas au catalogue ; coll. Bigaut, Douai ; acquis à la vente Bigaut, 10-11 mai 1860.
Peinture

Ancienne appartenance : BIGAUT

D’après le livre de Job (Job 30), Dieu permit à Satan d’éprouver Job pour voir s’il lui resterait fidèle dans l’infortune : la foudre détruit sa maison, ses enfants sont écrasés sous les décombres, ses troupeaux s’enfuient et lui-même, atteint de la lèpre, supporte avec patience la dérision de sa femme qui brandit un trousseau de clefs. Ses amis l’assourdissent par un concert de fifres, tambours et luth, scène influencée par le théâtre des Mystères. C’est à partir de Hieronymus Bosch que l’attitude à l’égard de Job devient injurieuse et que le sujet est traité sur un mode sarcastique, voire démoniaque. On retrouve ici les thèmes eschatologiques chers à Bosch et ses suiveurs : trompette soufflant du feu, hibou signe de mort, luth joué par les pieds d’un monstre à corps d’oeuf. Dans cette cacophonie insoutenable, Job résigné continue à tendre une pièce d’or. Longtemps attribué à Jérôme Bosch puis donné à Pieter Huys par comparaison avec une Tentation de saint Antoine de la collection Paul Mantz au Louvre, ce tableau a été restitué à Mandyn par Dollmayr, attribution acceptée par la majorité de la critique (Demmler, Hooguewerff, Marlier) bien que certains historiens y aient vu la main de Pieter Huys (Gonse, Hulin de loo, Fourcaud). L’oeuvre de Mandyn a été regroupé autour de son seul tableau signé, une Tentation de saint Antoine du musée Frans Hals à Haarlem. On note dans toute sa production une dualité entre le traditionnalisme de Jérôme Bosch et le modernisme qu’il doit à ses étroites relations avec Pieter Aertsen qu’il rencontre à Anvers vers 1530. Au contraire de Pieter Huys toujours fidèle aux formules boschiennes, Jan Mandyn s’écarte de la tradition dans la disposition des personnages vus en perspective. Le groupement des personnages au centre et la tonalité brune sont autant de caractères communs au tableau référence de Haarlem, de même que la présence d’un disque à scorpion, relevé par Winckler, qui apparaît sur les deux peintures. Jacques Foucart propose une datation vers 1540-1550. Le thème du tableau de Douai, d’une extrême rareté, est connu dans une variante dont la disposition générale est identique mais offrant des détails nouveaux (ancienne coll. Max de Coninck Dieghem, repr. Wuhrmann, 1998, p. 117, n° 71), attribuée au cercle de Mandyn ou de Huys. Un autre exemplaire anciennement dans la collection Dona Dolores Fernandez à Madrid a été vendu à New-York (Sotheby’s, 6 juin 1985) sous l’attribution à Jan Mandyn (repr. Wuhrmann, 1998, p. 118, n° 72). Françoise Baligand

Crédits photographiques : © Musée de la Chartreuse, Douai

Douai, Musée de la Chartreuse
Numéro d'inventaire : 44