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MAITRE DE LA VIE DE MARIE
Calvaire avec un donateur

Allemagne
15e siècle (2e moitié)

Huile sur bois
Hauteur en m. 1,135 Largeur en m. 1,060
Peinture

Ce calvaire se situe dans le mouvement d'influence directe de l'art flamand, qui domine le troisième quart du 15e siècle allemand, et est brillamment illustré à Cologne par le Maître de la Vie de Marie, dénommé d'après une série conservée à Munich et Londres. Ce peintre a étudié en Flandre l'oeuvre de Van der Weyden comme celle de , et rapporte de leur observation son goût pour une observation plus réaliste du monde, avec un développement de la perspective atmosphérique, des ciels aux teintes dégradées qui remplacent le fond d'or traditionnel, et les paysages du nord rythmés par les murailles des villes et les clochers des églises même si les personnages restent ici figés au premier plan, sans s'intégrer dans la profondeur de l'espace. A cela s'ajoute une écriture linéaire et le retour à la stylisation gothique, la raideur nerveuse des mains et des drapés aux plis cassés remplaçant la suavité et la douceur des courbes tendres de la première moitié du siècle. Le panneau fait partie des tableaux-épitaphes, qui perpétuent la mémoire d'un personnage décédé, ici un chanoine non identifié. De telles oeuvres ne forment pas des retables - posés sur la partie arrière d'un autel - mais sont accrochées contre le pilier d'une église ou sur le mur d'une de ses nefs et comportent généralement sur le cadre - celle-ci a perdu le sien - une inscription donnant le nom du donateur et évoquant sa mémoire et ses activités. Les deux saints qui entourent la Vierge et saint Jean, saint André à gauche et saint Matthieu à droite, laissent supposer une provenance de l'église Saint-André de Cologne, dont Matthieu était le second patron. Le panneau de Lille est très proche, pour le visage et le buste de la Vierge, et pour les figures de saint André et de saint Matthieu, de la Déposition de croix du maître, peinte peu après 1480 à la mémoire du chanoine Gerhard ter Steegen de Monte (Cologne, musée Wallraf-Richartz), et doit dater de la même période. Mais il n'en possède pas l'aisance dans la répartition des corps dans l'espace, ni dans la variété des attitudes et des expressions, et est certainement en partie une oeuvre de l'atelier. Christian Heck

Lille, Palais des Beaux-Arts
Numéro d'inventaire : P 817