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MAITRE MS
L'Adoration des Mages

16e siècle (1e quart)
Vers 1506-1510

Huile sur bois
Hauteur en m. 1,810 Largeur en m. 0,845
Peinture

Ce grand et superbe panneau devait constituer le volet d'un retable. La composition est subtile et magistrale à la fois. Les bustes de la Vierge à l'enfant et de deux rois mages en remplissent le centre, en un grand ovale horizontal limité par les contours arrondis du dos de la Vierge et de celui du mage de droite, formant autour de l'enfant un cercle d'intimité respectueuse et chaleureuse, qui rééquilibre ce que la scène pourrait avoir de trop solennel. Le décalage des marches situe le premier mage dans une grande diagonale, qui monte vers l'enfant puis la Vierge, et exprime le respect des rois. Le visage tourné du mage noir, et la coiffe du dernier mage font transition vers l'arrière-plan, marqué à droite par la suite des mages, et au centre par une perspective urbaine animée de personnages. L'oeuvre est désormais attribuée au Maître MS, le plus important peintre hongrois du début du 16e siècle, dénommé par ces lettres - qui pourraient être ses initiales - peintes, avec la date de 1506, sur le panneau de la Résurrection du retable de l'église de Selmecbanya en Slovaquie. Le retable est aujourd'hui démembré, et on en connaît quatre panneaux au musée d'Esztergom en Hongrie, une splendide Visitation au musée de Budapest, et une Nativité dans l'église d'Antol en Slovaquie. La comparaison avec les compositions du grand retable n'est pas facile, car ses scènes se déroulent dans des paysages naturels, mais les détails de l'exécution confirment l'attribution. L'oeuvre de Lille montre, comme les autres réalisations du Maître MS, l'influence de Schongauer, mais aussi celle de Dürer. On a souligné l'opposition entre le groupe du premier plan, qui resterait encore marqué par le gothique tardif, et l'espace architectural du fond, déjà dans l'esprit de la Renaissance. Mais ce groupe manifeste une sûreté dans les volumes, et les rapports des personnages qui occupent l'espace avec plénitude, qui est loin du monde graphique et stylisé de la gravure de Schongauer qui peut en être le modèle partiel. Le médaillon à l'antique qui pend dans le dos du premier mage est un autre signe de cet intérêt pour l'art de la Renaissance, qui justifie une date légèrement postérieure au retable de 1506, soit vers 1506-1510. Christian Heck

Lille, Palais des Beaux-Arts
Numéro d'inventaire : P 748