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BRUYN l'Ancien Barthel
Portrait d'homme, crâne dans une niche

Allemagne
16e siècle

Huile sur bois
Hauteur en m. 0,65 Largeur en m. 0,478
Peinture

Le modèle - un homme d’âge mûr - est vu de trois-quarts, le visage légèrement tourné vers la droite. Debout, il appuie son bras droit sur une tablette de pierre. Il tient un oeillet de la main droite et une paire de gants de la gauche. Sa chemise blanche est ornée de petits triangles jaunes, le col de petits points. L’ancien revers du panneau a été détaché du portrait en 1897. Il comporte la représentation d’une niche maçonnée, dans laquelle se trouvent un crâne et un fémur. Cette niche présente quelques ébréchures; de petites plantes ont commencé à pousser dans les interstices de la maçonnerie. De la mousse est visible sur le fémur. L’existence d’un revers peint suggère que le panneau lillois formait, à l’origine, le volet gauche d’un diptyque nuptial. Sur le volet droit apparaissait l’épouse. Oeuvre méconnue du principal portraitiste colonais de la Renaissance - elle ne se trouve pas dans la monographie publiée par Hildegard Westhoff-Krummacher en 1965 -, elle n’est entrée que récemment dans la littérature scientifique (LILLE, 1981, p. 28-30, n° 5-6 ; DÜLBERG, 1990, cat. n°225). Le chantournement trilobé n’est attesté sur aucun portrait de Barthel Bruyn. Néanmoins, l’attribution du panneau au grand peintre colonais ne saurait être contestée. On rapprochera avec profit le portrait de Lille de celui du bourgmestre de Cologne Peter van Heimbach, peint par Barthel Bruyn en 1545 (inv. WRM 260 ; ZEHNDER, 1990, p. 69-71) - la forme générale et les linéaments du visage sont fort semblables. La confrontation avec un portrait de donateur accompagné d’un saint évêque (inv. WRM 276 ; ZEHNDER, 1990, p. 68-69) est également instructive; sur ce volet fragmentaire de retable, peint par Barthel Bruyn, le modèle est revêtu du même manteau à manches courtes avec doublure fourrée apparente. Dans les deux oeuvres, la doublure fourrée forme un col redressé et le côté gauche du manteau est rabattu sur le droit. Comme souvent chez Barthel Bruyn, le revers du portrait s’accompagne d’un crâne, dans lequel on peut voir l’image post mortem du personnage portraituré. On remarquera que ce dernier, tout comme le crâne, est représenté tourné vers la droite et éclairé par la gauche, ce qui facilite leur mise en parallèle par le spectateur. Ainsi que le note Hildegard Westhoff, le commanditaire du portrait « grâce au motif de la tête de mort », « [...] se met à l’abri du reproche de vain narcissisme » (WESTHOFF-KRUMMACHER, 1965, p. 64). Didier Martens

Lille, Palais des Beaux-Arts
Numéro d'inventaire : P 750 (recto) P 751 (verso)