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BOSCH Jérôme (d'après)
Le Concert dans l'oeuf

16e siècle (2e moitié)

Huile sur toile
Hauteur en m. 1,085 Largeur en m. 1,265
Peinture

Ancienne appartenance : Achat à Morhange, Paris 1890

Acquis en 1890 comme un original de Bosch, publié comme tel dans le catalogue de 1893, le Concert dans l'oeuffut déchu de ce rang éminent dès l'entre-deux-guerres par Friedländer, qui fut suivi dans cette voie par Baldass peu après. On s'accorda dès lors à y voir le reflet d'un original perdu du maître de Bois-le-Duc. En outre la partition représentée, une chanson légère de Claude Créquillon, a été publiée en 1549. Nous sommes donc en présence d'une oeuvre de la seconde moitié du 16e siècle. Une autre copie, non localisée aujourd’hui, a parfois été considérée comme plus proche en date de l'original perdu. Enfin, un dessin du musée de Berlin a été généralement admis comme un projet de Bosch pour cette même composition. J. Bruyn dans le catalogue de l'exposition de 1967 vint jeter le doute sur une telle reconstruction : l'existence même d'un original de Bosch ne lui paraissait pas assurée. G. Unverfehrt lui emboîta le pas quelques années plus tard: explorant dans son ensemble l'oeuvre des suiveurs et imitateurs de Bosch, il put constater à quel point ceux-ci prenaient parfois des libertés considérables par rapport à leur modèle. Plutôt que le reflet d'une oeuvre disparue de Bosch, le Concert dans l'oeufserait une libre variation d'un suiveur, inspirée de la Nef des fous du Louvre et augmentée de multiples emprunts à des tableaux connus, telle la petite scène de beuverie en bas à droite qui vient du Jardin des Délices (Madrid, Prado). Même le dessin de Berlin lui paraît l'oeuvre d'un suiveur. Sans doute, on ne peut exclure aussi catégoriquement que Unverfehrt l'existence d'un original disparu de Bosch : comme pour tous les peintres de cette époque, son oeuvre conservé est trop fragmentaire pour se faire une idée trop tranchée de sa manière. Il faut cependant reconnaître avec lui que le copiste (ou l'imitateur) s'est octroyé une marge d'interprétation considérable et que les interpolations sont multiples. Les différences entre les trois versions sont d'ailleurs importantes. On retiendra la suggestion de Jacques Foucart qui situe l'oeuvre vers la fin du 16e siècle et avance le nom de Pieter Brueghel le Jeune. Affairé à copier et à diffuser les compositions de son père Pierre Brueghel l'Ancien, il semble s'être également intéressé à Bosch. Alexis Donetzkoff

Lille, Palais des Beaux-Arts
Numéro d'inventaire : P 816