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ANONYME
La Nativité

Pays-Bas méridionaux
16e siècle (début)

Huile sur bois
Hauteur en m. 1,03 Largeur en m. 0,99
Peinture

Ancienne appartenance : Provient de la chartreuse du Mont-Sainte-Marie de Gosnay ; église de Gosnay ; classé le 11 mai 1897 ; déposé en 1981.

La scène centrale, consacrée à la Nativité, est encadrée de motifs architecturaux agrémentés de symboles et personnages et de seize sujets tirés de l’Ancien et du Nouveau Testament. Dans un décor d’architecture antique en ruines, Joseph, Marie et trois anges agenouillés adorent l’Enfant. Au premier plan, deux chartreuses, portant l’habit de consécration, sont également plongées dans la méditation. Elles sont identifiées par une inscription en lettres gothiques rouges qui les désigne comme « dame Marguerite de Houchain prieuse » et « Dame Marie de la Cloye » et surmontées respectivement d’une devise quasi disparue pour la première (Benedictus ...Dominum), Deus dominum et illuxit nobis. Psa. 117 pour la seconde. Entre elles, se trouve un écusson losangé porte d’or, au coeur de gueules accompagné de deux mains de carnation en chef et de deux pieds de même, en pointe. En haut de la scène, Dieu portant la triple couronne et le globe, entouré d’anges, bénit la scène. Les seize scènes latérales sont les suivantes : la Création (totalement perdue) ; le sacrifice de Noé à la sortie de l’arche ; le buisson ardent; l’arche d’alliance(on lit Virga Aaron) ; Gédéon priant ; le mariage de la Vierge(Desponsata Maria mater Jesus Joseph conjugat ( ?)) ; l’Annonciation(Ave Gratia ... Dominus) ; la Visitation(... mihi ut veniat mater Domini mei ad me) ; le songe de Joseph (Joseph fili David, noli timere accipere Mariam conjugem tuam. Mat. 20) ; Auguste et la sibylle de Tibur ; l’annonce aux bergers(Gloria in excelsis Deo) ; la circoncision ; l’adoration des Mages ; la présentation au Temple; le massacre des Innocents ; la fuite en Egypte. Dans les éléments décoratifs architecturaux de haut en bas on trouve les symboles de Jean et de Matthieu ; les quatre docteurs de l’Eglise, saints Jérôme, Grégoire, Augustin et Ambroise ; les symboles de Marc et de Luc ; Isaïe (tenant un phylactère : Parvulus natus est nobis Isaïe IX.) ; Michée (Et tu Bethleem ex te egreditur et. Michée. 5.) ; l’échelle de Jacob (Vidit Jacob scalam et dominum insuper scale.< Gen. 28.) et Balaam et la prophétie de l’étoile (Orietur stella ex Jacob. Num. 24.). L’examen de cette riche iconographie donne à la Nativité centrale un sens particulier et la présente comme l’événement essentiel de la vie de Marie, Vierge mère de Dieu, annoncée dès l’Ancien Testament par les prophètes et les signes et souligne particulièrement la pureté de Marie. La scène d’Auguste et la sibylle qui prend la place, dans la lecture, de la Nativité illustrée au centre, est une thématique plutôt exceptionnelle dans cette situation. Mêlant des éléments de décor archaïsants (arcs en accolade et motifs architecturaux), à une observation et description très fine d’un chapiteau corinthien ou du costume romain, l’oeuvre est malheureusement amoindrie par l’usure des glacis. Annick Notter

Arras, Musée des Beaux-Arts
Numéro d'inventaire : 424