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ANONYME
Légende de sainte Ursule et des onze mille vierges

Pays-Bas méridionaux
16e siècle (début)

Huile sur bois
Hauteur en m. 0,97 Largeur en m. 0,78
Peinture

De chaque côté d’un panneau central où figure sainte Ursule protégeant ses dix compagnes, quatre scènes montrent des épisodes de sa vie, tirés de la Légende dorée de Jacques de Voragine, version la plus couramment utilisée dans l’iconographie. La lecture se fait de haut en bas et de gauche à droite : l’ambassadeur d’un roi païen remet au roi chrétien de Cornouailles un message demandant la main de sa fille Ursule. A l’arrière-plan, Ursule inspirée par Dieu décide de faire un pèlerinage à Rome où la rejoindrait le prince breton après sa conversion ; Ursule annonce son projet à son père. Elle s’embarque à Londres avec dix jeunes filles nobles, chacune accompagnée de mille vierges. Elle reçoit la bénédiction du pape Cyriaque à Rome. La galère est détournée vers Cologne occupé par les Huns. Les compagnes d’Ursule préfèrent la mort au déshonneur. Martyre de la sainte. Décapitation de ses compagnes. De part et d’autre de sainte Ursule, deux enfants portent des blasons, à gauche un écusson écartelé aux 1 et 4 d’argent, à l’aigle à deux têtes de sable, aux 2 et 3 contre écartelé d’argent et de sable ; à droite un écusson parti du précédent et écartelé aux 1 et 4 d’argent au lion de sable et contre écartelé d’argent et de sable. Malgré les sujets narratifs, les attitudes restent assez statiques et graves ; l’artiste n’a pas donné aux jeunes filles cette vivacité que leur prête Memling dans sa célèbre châsse conservée à l’hôpital Saint-Jean de Bruges. La scène centrale est présentée dans un cadre architectural gothique flamboyant, agrémenté de feuilles de choux enroulées ; le tout est peint en grisaille conformément à la tradition flamande. Sous un dais d’étoffe, sainte Ursule abrite ses compagnes de son manteau protecteur, selon un type iconographique proche de la Vierge de miséricorde. Légèrement déhanchée, elle est vêtue d’une riche robe de velours damassé. Ses traits réguliers, ses joues pleines, ses paupières lourdes, son petit menton rond, ses longs cheveux blonds ondulés soulignés de traits d’or évoquent l’art de Quentin Metsys et de ses élèves. Les dix jeunes filles ont de grands fronts bombés, de larges visages et des paupières baissées dans des attitudes graves et recueillies. Ce tableau, de facture assez naïve, est à situer dans l’art flamand issu de la manière lisse de Memling, illustré par Gérard David et Quentin Metsys. Lestoquoy (Lestocquoy 1946) le rapprochait du Maître de Sainte-Gudule, qui vivait à Bruxelles avant 1475. Annick Notter

Arras, Musée des Beaux-Arts
Numéro d'inventaire : 201 bis