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ANONYME
Louve mangeant ses mamelles
Dalle de pavement

Artois
13e siècle

Pierre gravée, traces de mastic
Hauteur en cm 28.7 largeur en cm 28.9 Epaisseur en cm 7.4 Poids en kg 11
Sculpture

Une croyance populaire prétendait autrefois que les dalles gravées, conservées dans l'église Notre-Dame de Saint-Omer, provenaient d'un temple de Minerve qui aurait existé sur le mont Sithiu, et qui aurait été détruit au milieu du 7e siècle. On voulut y voir aussi des dalles provenant de l'ancienne cathédrale de Thérouanne, détruite au 16e siècle sur ordre de Charles Quint. Ces légendes avaient cours essentiellement par le fait que les dalles étaient disposées sans ordre dans le pavement de l'église Notre-Dame, et que cela pouvait laisser supposer qu'elles provenaient d'un autre édifice. Or, les motifs gravés les désignent bien comme des dalles du Moyen Age. Le répertoire iconographique est éloquent à ce sujet. Le pavage aurait été réalisé entre le 12e et le 14e siècle. A la suite de la restructuration du choeur au 17e siècle, les dalles qui autrefois ornaient le choeur de l'église ont été déplacées et repositionnées, sans ordre particulier, dans le pavé de l'église. A partir de 1836, la nef principale fut recouverte d'un nouveau pavage en marbre. Des dalles gravées furent utilisées pour le pavage de la chapelle Saint-Omer. D'autres furent placées sur les murs dans le transept. Certaines d'entre elles furent déposées au musée. Ces dalles sont constituées d'une pierre jaunâtre provenant des carrières de Marquise. Les motifs, dessinés au trait, se détachent sur le fond évidé, sur une profondeur de quelques millimètres, lui-même empli d'un mastic coloré, parfois de plusieurs couleurs selon les dalles et les motifs représentés. Cette figure de fantaisie représente une sirène, qui se détache du fond empli d'un mastic teinté en rouge. C'est vers les 12e et 13e siècles que les sols en mosaïque (dont un des exemples les plus significatifs est celui exécuté en 1109 à l'abbaye de Saint-Bertin, partiellement conservé au musée de l'hôtel Sandelin) furent remplacés par ce type de pavage, constitué de dalles gravées. C'est lors du congrès de Lille de 1845 que le docteur anglais Bromett, au cours d'une communication, a cité l'église de Canterbury qui conserve des dalles gravées comme celles de Saint-Omer, de dimensions égales et enduites d'un mastic de couleur rougeâtre. Selon N. E. Toke, les dalles de Saint-Omer et de Canterbury auraient été vraisemblablement exécutées ou dessinées par des ouvriers italiens. Des liens étroits unissaient le clergé de Canterbury et l'abbaye de Saint-Bertin au 13e siècle. Par ailleurs, de nombreux Prévôts de la Collégiale de Saint-Omer étaient issus de grandes familles d'Italie. Dans les années 1830, les membres de la fabrique de l'église Notre-Dame commencèrent le pavage en marbre de la nef principale où se trouvait une partie des dalles gravées. Certaines dalles furent utilisées pour paver la chapelle Saint-Omer et l'on incrusta dans ses parois quatre grandes dalles de chevalier équestre, puis d'autres furent placées sur les murs dans le transept gauche. D'autres dalles furent mises en dépôt, dont la série figurant dans les collections du musée. La dalle est constituée d'un matériau jaunâtre. Le sujet est dessiné au trait, le fond est évidé de quelques millimètres et rempli d'un mastic coloré.

Crédits photographiques : © Saint-Omer, musée de l'hôtel Sandelin, YB/M3C

Saint-Omer, Musée de l'Hôtel Sandelin
Numéro d'inventaire : 0885.15

Date d'acquisition : 1831