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ANONYME
L'Evêque de la mer
Dalle de pavement

Artois
13e siècle

Pierre gravée, traces de mastic
Hauteur en cm 27.8 largeur en cm 27.7 Epaisseur en cm 5.2 Poids en kg 10
Sculpture

Découverte : Trouvé à l'emplacement de l'ancienne cathédrale de Thérouanne, lors des fouilles réalisées dans le choeur en 1898 sous la direction de Camille Enlart.

La cathédrale de Saint-Omer est la seule église dans laquelle on peut encore voir, en place, dans le bâtiment d'origine, un pavement fait de dalles incrustées. Ces dalles datent du milieu du 13e siècle. Il s'agit de pierres gravées dont les motifs apparaissent en réserve par creusement du fond sur une profondeur de quelques millimètres. La technique associe l'usage d'entailles plus ou moins fines pour les détails et l'évidement large des fonds, qui dégage nettement les réserves. Les évidements et les entailles sont remplis, à chaud ou à froid, de mastics ou de ciments noirs ou colorés. Ces ciments sont constitués de mortiers de chaux et de terres cuites pulvérisées ensemble, auxquels on ajoute de la résine et des colorants. On conserve au fond des cavités une surface rugueuse qui facilité l'adhérence des matières colorées ou parfois du plomb. La pérennité de ces ouvrages repose sur la résistance à l'usure et sur la solidité de l'ancrage dans la pierre des matières rapportées. C'est dans le nord de la France que cette technique fut le plus en usage. De tels pavements ornaient la cathédrale d'Arras, et l'ancienne cathédrale de Thérouanne, rasée par les armées de Charles Quint en 1553. Les dalles de Saint-Omer, comme celles de Thérouanne, sont exécutées dans un calcaire jurassique fin, de couleur jaune, extrait dans le Boulonnais voisin, à Marquise. Cette technique se perpétua aux 14e et 15e siècles à travers la réalisation des pierres tombales qui signalent, dans les églises, les sépultures de puissants clercs ou laïcs. Cet art se manifeste alors sous sa forme la plus linéaire. Le musée de Saint-Omer possède de telles pierres tombales, comme celle de Daniel Longu, et celle de Pierre de Houchain, où apparaissent encore des traces de mastic noir dans les parties creuses. La figure de l'Evêque de la Mer représente un monstre à tête humaine tenant une crosse d'une main et un poisson de l'autre. Peut-être est-ce une allusion ironique et peu généreuse des chanoines de Thérouanne aux prétentions émises par leurs confrères de Boulogne au 12e siècle afin d'obtenir l'érection d'un évêché dans leur ville et, par suite, le démembrement de celui de Thérouanne. Cette dalle a été trouvée à l'emplacement de l'ancienne cathédrale de Thérouanne, lors des fouilles réalisées dans le choeur en 1898 sous la direction de Camille Enlart.

Crédits photographiques : © Saint-Omer, musée de l'hôtel Sandelin, YB/M3C

Saint-Omer, Musée de l'Hôtel Sandelin
Numéro d'inventaire : 2002.0.002

Date d'acquisition : 1898