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ANONYME
David jouant de la harpe
Mosaïque
Fait parti d'un ensemble de mosaïque avec Guillaume, fils du Comte Robert de Flandre et le roi Salomon

Nord de la France
12e siècle (1e quart)
vers 1109

Mosaïque
Avec cadre : Hauteur en cm 115.5 largeur en cm 119.5 Epaisseur en cm 8.5 Sans cadre Hauteur en cm 105 largeur en cm 109
Archéologie, Mosaïque

Découverte : Découvert en 1830 à l'emplacement de l'abbaye romane de Saint-Bertin après sa destruction. Les fouilles ont été réalisées par la Société des Antiquaires de la Morinie, les fragments découverts ayant été déposés au musée.

Le roi David est en train de jouer de la harpe, un lévite tenant ouvert devant lui le livre des psaumes. Le roi porte sur la tête une couronne en fers de lances. Il est vêtu d'une chlamide attachée par une agrafe à l'épaule droite. Le lévite est vêtu d'une tunique courte retenue par une ceinture, et porte sur la tête un bonnet en forme de calotte. Les mosaïques présentes dans les collections du musée de Saint-Omer proviennent du pavement du choeur de l'abbaye romane de Saint-Bertin, consacrée en 1105. Elles ont été réalisées à la suite de la mort de Guillaume, fils du comte de Flandre Robert II de Jérusalem, ce qui permet de les dater puisque cette mort survint en 1109. Elles ont été découvertes à l'occasion des fouilles menées sur le site des ruines de l'église gothique, en 1831. Lors de la découverte de ces précieux fragments, un relevé a été réalisé, qui précise la composition de cette partie du pavement. La portion, de 6,50 m de côté, était cernée par un bandeau sur plan carré, qui représentait les signes du zodiaque. Ce carré était divisé en quatre triangles définis par les branches d'une croix de Saint-André. A l'intérieur de ces triangles, figuraient trois médaillons circulaires à sujets historiés, et un quatrième, rectangulaire, représentant le jeune Guillaume en gisant. Deux des trois médaillons circulaires sont conservés. Ils représentant le roi David, et le roi Salomon. Parmi les signes du zodiaque qui ont été partiellement retrouvés, on peut citer le Cancer, la Balance, le Scorpion, les Poissons, le Bélier, et un fragment du Verseau. Parmi les autres oeuvres qui complétaient ce pavement, il faut aussi mentionner un médaillon représentant des chimères adossées, à visage humain, et un médaillon de plus grande taille, qui représente un lion, en pierre blanche gravée et incrustée de mastic noir. La récente restauration des trois fragments exposés rend justice à la qualité de l'exécution et à l'intensité chromatique de l'ensemble. Les tons utilisés, essentiellement le noir, le rouge et l'ocre, sont relevés de nuances bleues et roses qui précisent certains accessoires et les détails des visages. Ils sont restitués à l'aide de fines et profondes tesselles, reprenant en cela la technique de la mosaïque antique. Les personnages sont représentés avec simplicité et monumentalité, fidèles à l'esthétique de l'époque romane. De tels pavements en mosaïque connurent dans notre région un renouveau durant le 12e siècle, où subsistaient également des ensembles gallo-romains importants. Les mosaïques de Saint-Bertin constituent, au Nord de la Loire, un ensemble digne d'intérêt, au même titre que celles conservées dans le sud, telles les mosaïques de Ganagobie. C'est vers la fin du 12e siècle que l'on abandonna la réalisation de sols en mosaïque. Dans le cas de Saint-Bertin comme dans beaucoup d'autres, ces mosaïques, exécutées durant la période romane, au 12e siècle, ont été recouvertes par de nouveaux sols, à l'occasion de travaux de transformation ou d'embellissement. Ce fut le cas à Saint-Omer, dont les mosaïques romanes furent decouvertes à l'occasion de la construction de la nouvelle abbatiale gothique, commencée au début du 14e siècle.

Crédits photographiques : © Saint-Omer, musée de l'hôtel Sandelin, YB/M3C

Saint-Omer, Musée de l'Hôtel Sandelin
Numéro d'inventaire : 1624

Date d'acquisition : 1833