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ANONYME
Deux anges soutenant un écusson martelé
Cul-de-lampe

Artois
14e siècle (4e quart)
Entre 1380 et 1400

Pierre blanche
Hauteur en cm 36 largeur en cm 57 profondeur en cm 43
Sculpture

Ancienne appartenance : Société des Antiquaires de la Morinie

Elément du décor sculpté de l'ancien hôtel de ville de Saint-Omer. Cette pièce aurait constitué le cul-de-lampe qui soutenait la tribune aux publications de l'hôtel de ville. L'écusson devait porter les armes des ducs de Bourgogne entourées du collier de la Toison d'Or. Louis Deschamps a précisé ultérieurement que les armoiries auraient été celles de la maison d'Espagne, armes qui étaient représentées au-dessus de la Porte-Neuve, dite de Calais, de celle de Saint-Michel et au-dessus de la porte d'entrée du logis du Roi, avant qu'il ne fut reconstruit. Lorsque les Français prirent possession de Saint-Omer en 1677, ces armes furent effacées. Le musée de Saint-Omer conserve dans ses collections une importante série de quinze culs-de-lampe qui proviennent de l'ancien hôtel de ville, détruit en 1832. Il est probable qu'ils sont entrés dans les collections peu après cette date, même s'ils n'ont été inscrits à l'inventaire qu'en 1905. Les caractéristiques stylistiques permettent de penser qu'il s'agit là d'une série homogène datant de la fin du 14e siècle. Ils pourraient provenir de l'escalier qui donnait accès aux parties supérieures de l'édifice, ou à la chapelle, transformée entre-temps en greffe, d'où provient également une figure de prophète couchée. Le cul-de-lampe qui représente les Deux anges tenant un écu martelé devait être situé sous la bretèche faisant saillie sur la façade du corps d'entrée. Les armes devaient être celles du duc de Bourgogne, effacées après la conquête de la ville par les troupes de Louis XIV. Les deux anges aux visages ronds et pleins témoignent d'un souci évident de naturalisme, le sculpteur ayant réussi avec talent à intégrer les figures dans le cadre architectural qui lui était imposé. L'un des deux anges porte une chape agrafée par un mors en forme de losange flanqué de motifs foliés. Les cheveux sont traités en croissants. On retrouve ces mêmes caractéristiques sur l'Ange tenant un phylactère, qui date des mêmes années. Dans la région de l'Artois se manifestèrent des caractères stylistiques homogènes, qui font de ces pièces des exemples révélateurs de la fin du style gothique international. Ludovic Nys a proposé une datation un peu postérieure à 1384, année de la mort de Louis de Mâle et de l'accession au trône de Flandre de Philippe le Hardi.

Crédits photographiques : © Saint-Omer, musée de l'hôtel Sandelin, YB/M3C

Saint-Omer, Musée de l'Hôtel Sandelin
Numéro d'inventaire : 7379

Date d'acquisition : 1905