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ANONYME
Adam et Eve
Tapisserie
Oeuvre en rapport inv.3096

Flandre Tournai
15e siècle (3e quart)
Vers 1465

Laine, haute tisse
Hauteur en cm 196, largeur en cm 201
Inscription : texte : (Lom) me en traveil et en sueur de son corps il acquiert (sa vie)/(La) femme enfante en grant doleur car elle fut ainsy (maudie) (en bas du sujet, en lettres gothiques)
Objet d'art, Tapisserie

Le décor représente, à gauche, un morceau de la scène où Dieu montre au premier homme l'arbre du bien et du mal, tandis qu'à droite Adam bêche le sol, Caïn, désigné par son nom, transporte une pierre, et Eve tient Abel enfant sur ses genoux. Les modèles ont été pris dans l'exemplaire du Speculum humanae salvationis, actuellement conservé à la bibliothèque de Saint-Omer. Cette tapisserie fait partie d'un cycle de tentures consacrées à l'Ancien et au Nouveau Testament, et a été commandée par Guillaume Fillastre à Tournai. Jusqu'à la Révolution, elle ornait le choeur de l'église de l'abbaye de Saint-Bertin. Ces deux tapisseries faisaient partie d'un groupe de tentures commandées originellement à Tournai par l'abbé Guillaume Fillastre. Si l'on se réfère aux recherches récentes de Ludovic Nys et de Marc Gil, elles étaient destinées initialement au choeur de la cathédrale de Tournai, dont Guillaume Fillastre était l'évêque. A la suite d'un conflit avec le chapitre, Guillaume Fillastre fit transporter les tentures à Saint-Bertin, dont elles ornèrent le choeur jusqu'à la Révolution. Les décors de ces tapisseries furent repris de l'Ancien et du Nouveau Testament. Les modèles des compositions furent repris au Speculum Humanae Salvationis (auj. à la Bibliothèque d'Agglomération de Saint-Omer). Certains traits évoquent aussi le Miroir de la Salvation humaine, de Jean Miélot (auj. à la Bibliothèque d'Agglomération de Saint-Omer). La première des deux tapisseries conservées présente deux scènes : Adam et Eve, et un fragment d'une seconde qui figurait Dieu montrant à Adam l'arbre du Bien et du Mal. Adam est représenté bêchant la terre, et Eve accompagnée de leurs enfants, Abel et Caïn. On y voit préfiguré le futur fratricide, puisque le jeune Caïn, debout, transporte une pierre, cependant que sa mère tient Abel dans ses bras, évoquant de manière allusive le thème de la Vierge à l'Enfant. A l'arrière-plan apparaît une ville et ses remparts, donnant ainsi une image du monde au Moyen Age telle qu'elle apparaissait également dans la peinture de l'époque. Les figures sont pleines de monumentalité et sont remarquables par leur verticalité. La nudité des personnages est cachée par les branches feuillues dont leurs corps sont recouverts. La scène est vue comme à travers une fenêtre, à l'intérieur d'un arc surbaissé supporté par des colonnes ouvragées. A gauche se tient Adam, nu, sous l'arbre de la Connaissance. On peut également remarquer la présence d'une colonne qui encadre la scène, reprenant le même schéma décoratif que le sujet principal. La seconde tapisserie figure Balaam sur son ânesse, envoyé par le roi du pays de Moab pour maudire les Hébreux. L'ânesse s'acroule devant un ange brandissant une épée et qui lui barre la route. Balaam s'acharne à faire avancer l'animal, en lui fouettant la croupe avec un bâton. Il regarde d'un oeil morne et désabusé une étoile qui scintille dans le ciel. Portant des vêtements richement ornés, témoins de sa puissance terrestre, Balaam doit cependant s'incliner face à la manifestation de la puissance divine. A l'arrière-plan est un château dont les tours sont visibles au sommet d'un paysage vallonné. La scène est encadrée par un arc surbaissé supporté par deux colonnes, et une mention en haut, Que mère au roi Sirus seroit, évoque la scène de l'Annonciation de la Vierge qui devait initialement compléter l'ensemble. Récemment restaurées, ces deux tapisseries superbes, réalisées vers 1460 par un atelier tournaisien, ont retrouvé une part de leur éclat initial. Durant la restauration, il s'est avéré que l'une de ces deux tentures possèdait encore quelques fils d'or du tissage d'origine, ce qui est très exceptionnel.

Crédits photographiques : © Saint-Omer, musée de l'hôtel Sandelin, YB/M3C

Saint-Omer, Musée de l'Hôtel Sandelin
Numéro d'inventaire : 3095

Date d'acquisition : 1843