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ANONYME (Peintre)
SCHOEN Erhard (Ancienne attribution)

L’Adoration des mages

Pays-Bas méridionaux, Anvers
16e siècle (1e quart)
Vers 1520

Huile sur bois
Hauteur avec cadre en cm. : 100; Largeur avec cadre en cm. : 88
Peinture

Ancienne appartenance : Acquis par le Dr Escallier d’un fripier d’Arras ; legs Escallier, 1857, n° 158.

L’éxubérance décorative, la préciosité et le raffinement des costumes permettent d’attribuer cette oeuvre à un groupe de peintres ayant travaillé à Anvers entre 1505 et 1530, mieux connus sous l’appellation de « maniéristes anversois ». Renouvellant les sujets religieux traditionnels, ces artistes ont ajouté une touche poétique et profane, un esprit inquiet, par leur goût des architectures en ruines, des vêtements d’une élégance recherchée et des apports orientaux au milieu d’une profusion de motifs décoratifs. Dans le tableau de Douai, la Vierge est assise de face au centre, sur ses genoux l’enfant Jésus tend la main vers le roi agenouillé à droite de la Vierge. Le chapeau du roi mage repose au sol sur une pierre. Ce type de composition se retrouve chez le Maître de l’Adoration Van Groote et chez Jan de Beer. D’un point de vue stylistique, l’Adoration des Mages de Douai se rapproche plus de certaines oeuvres du Maître de 1518, identifié par Marlier (Marlier, 1966, pp. 117-122) comme étant Jan van Doornike. Mais chez celui-ci, le roi est toujours à la gauche de la Vierge et porte son chapeau sur les épaules. L’auteur du tableau de Douai a puisé à ces différentes sources retenant du Maître de l’Adoration Van Groote ses compositions et du Maître de 1518 ses types de visages acérés, sans céder à la gesticulation des figures de Jan de Beer. Mais comme l’a justement fait remarquer Friedlander ces oeuvres disparates peuvent être regroupées autour de cinq ateliers différents, tout en sachant que les peintres passaient souvent d’un atelier à un autre. Ceci explique l’éclectisme qui caractérise l’auteur du tableau de Douai ne permettant pas aujourd’hui de l’identifier avec précision. Toutefois, le type bien particulier de ses visages au nez étroit et aux joues creuses permettra sans doute de regrouper plusieurs de ses oeuvres jusqu’à ce jour anonymes. Françoise Baligand

Crédits photographiques : © Musée de la Chartreuse, Douai

Douai, Musée de la Chartreuse
Numéro d'inventaire : 350