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ANONYME
Le Carnaval de Paris
Planche 6

19e siècle
1852-58

papier vélin mécanique (lithographie)
Hauteur en mm 445 ; largeur en mm 275 (feuille) ; Hauteur en mm 397 ; largeur en mm 253 (dessin)
Inscription : Titre en haut au milieu : "LE CARNAVAL DE PARIS.", Note en haut à droite : "6.", Note en bas au milieu "Fabrique d'Estampes de Gangel, à Metz. Déposé.", lithographié.
Arts graphiques, Estampe

Ancienne appartenance : Sébille Yves, Bruxelles

Défilé du bœuf gras sur fond de monuments parisiens avec Arlequin, Colombine, l’Astrologue, Polichinelle... L’apothicaire est son énorme clystère se permet sûrement d’arroser tout ce monde. La commedia dell’arte use aussi de clystères. Une gravure du recueil Fossard, attribuée à Ambrogio Brambilla (XVIIe), permet de reconstituer un jeu de scène somme toute assez simple. Zanni, qui se sent malade - le plus souvent enceint -, reçoit un clystère. Le médicastre, afin de mieux voir, approche une chandelle et met ainsi le feu au cul du pauvre fol. Celui-ci, en se débattant, projette le contenu du clystère dans les yeux de l’aide. En une seule scène, tout est dit sur la purge-purification de ce grand purgatoire des quatre éléments qu’est le carnaval. Purification par l’eau, la terre ou matière, l’air ou le vent de la chemise, ici enflammé : le feu. Pourceaugnac et son ballet sont tout proches de cela puisque le cochon, grand amateur d’étrons, est l’emblème de saint Antoine ermite qui protège ou fulmine « un feu », l’érysipèle provoqué par l’ergot de seigle. Ce feu est particulièrement sensible au cul, comme l’atteste le Retrait aux fienteurs de Gargantua enfant. Signalons une gravure des célèbres Caprichos de Goya, Fragala perro. Des moines obligent un avare (la bourse au cou), peut-être un juif (le bonnet), à avaler le contenu d’un clystère. Le texte explique que « celui qui vit parmi les hommes sera obligatoirement humilé. S’il veut l’éviter, il doit aller vivre dans les montagnes, mais tant qu’il est là il lui faudra découvrir que vivre seul est vexatoire ». En espagnol, on joue sur le mot jeringar qui signifie à la fois « clystériser » et « humilier ». (Gaignebet Claude in Les Triomphes de carnaval, catalogue d’exposition, Gravelines, Musée du Dessin et de l’Estampe Originale, 2004, n° 40, pp. 116-117)

Crédits photographiques : © musée de Gravelines - reproduction interdite.

Gravelines, Musée du dessin et de l'estampe originale
Numéro d'inventaire : 2002.09.0145

Date d'acquisition : Acquis avec l'aide du Fonds régional d'acquisition des musées (FRAM) Nord - Pas-de-Calais en 2002