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ANONYME
Folies de carnaval
Caricatures Parisiennes

papier vélin (eau-forte rehausée au lavis en couleurs)
Hauteur en mm 268 ; largeur en mm 364 (feuille) ; Hauteur en mm 225 ; largeur en mm 295 (cuvette)
Inscription : Titre en haut au milieu : "Caricatures Parisiennea.", Titre en bas au milieu : "FOLIES DE CARNAVAL.", Note en bas au milieu "Ah! c'Cadet là. Quel pif qu'il à : Ah! c'Cadet là quel pif. // A Paris, chez Martinet, libraire, rue du Coq, N°13 et 15.", gravé.
Arts graphiques, Estampe

Ancienne appartenance : Sébille Yves, Bruxelles

Carnaval parisien au début du XIXe siècle. La mode est à Cadet Roussel auquel on serine la rengaine « Ah ! c’Cadet là. Quel pif qu’il a …» Avec son grand tricorne à plumes, il semble porté dans une hotte par une petite vieille. C’est là un déguisement traditionnel de carnaval en Catalogne, la muñeca («poupée », « mannequin »). L’homme-tonneau distribue tout naturellement du vin. Remarquer le parapluie, une des caractéristiques du carnaval de Dunkerque et Gravelines (détail a). Une petite fille, accroupie dans une hotte, chie dans un tonnelet charrié en brouette. La scène n’est en rien allégorique. Avant la multiplication des lieux d’aisance, des vidangeurs - on disait alors : « maistres fi fi » - proposaient leurs services dans Paris. On pouvait donc, à l’abri des regards, se soulager dans des récipients portés de place en place. Le produit, soigneusement récupéré, était utilisé dans les tanneries ou comme engrais (détail b). En fait, il existe un rapport « naturel » du carnaval et des excréments, que l’on peut résumer ainsi. Une fois l’an, la communauté devait éliminer les excréments accumulés. Le jour choisi était le plus souvent le Mardi gras ou le mercredi des Cendres. A ces dates, les responsables de la salubrité publique, les Gavots ou les Cagots (du latin cagare ?) étaient autorisés à sortir des bordes extérieures au village, où ils étaient relégués, pour venir vider les fosses d’aisance ou les latrines. C’est alors que ces masqués - les Cagots sont considérés comme des « lépreux » -, perchés sur les tonnes ou les muys de merde ou de lie de vin, barbouillaient, mâchuraient tout sur leur passage. C’est encore à cette scène qu’il est possible d’assister lors du carnaval de Cournonterral en Languedoc, où se déroulent des luttes de barbouillage, de nos jours ludiques, entre Noirs et Blancs. La mémoire locale évoque volontiers l’usage, autrefois, des contenus des égouts ou de bêtes crevées. Rappelons que les Cagots et les Gavots sont cordiers, vidangeurs, équarisseurs, toutes activités impliquant la putréfaction et la mauvaise odeur. (Gaignebet Claude in Les Triomphes de carnaval, catalogue d’exposition, Gravelines, Musée du Dessin et de l’Estampe Originale, 2004, n° 23, pp. 84-85)

Crédits photographiques : © musée de Gravelines - reproduction interdite.

Gravelines, Musée du dessin et de l'estampe originale
Numéro d'inventaire : 2002.09.0201

Date d'acquisition : Acquis avec l'aide du Fonds régional d'acquisition des musées (FRAM) Nord - Pas-de-Calais en 2002